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Jacques Barus : un centenaire à L’Amitié

Parisien de souche, Monsieur Barus a vécu toute sa vie ou presque dans la capitale, la voyant évoluer au fil du temps. Alors qu’il vient de fêter ses 100 ans dans son nouvel appartement à la résidence autonomie L’Amitié, Jacques nous parle de sa vie…



Tout d'abord, parlez-nous de votre vie. Dans quel environnement avez-vous grandi ?

Je suis né à Paris, rue de Reuilly dans le XIIème arrondissement, le 6 février 1921. Mes parents, Albert et Florence, se sont mariés en 1916. Malheureusement, mon père est décédé quand j’avais 6 ans. Ma mère se retrouvant veuve avec 3 enfants, j’ai été envoyé en pensionnat avec mon frère. Ma sœur quant à elle est allée au couvent. J’y suis resté jusqu’à mes 12 ans en pension, le temps de valider mon certificat d’études. C’est alors que j’ai trouvé un patronage dans une fonderie, comme apprenti. J’ai fait plusieurs métiers dans ma vie : je fabriquais des pièces d’usinage, en tant qu’outilleur la plupart du temps. A l’époque Paris grouillait d’usines. Il suffisait de traverser la rue pour changer de travail ! Il faut dire que j’ai connu pas mal d’employeurs.


Vous aviez 18 ans lorsque la seconde guerre mondiale a éclaté. Quelle souvenir gardez-vous de cette période ?

L’occupation… j’en garde un très mauvais souvenir. Je me rappelle, je travaillais dans une robinetterie quand les allemands sont arrivés. Comme beaucoup, j’ai été contraint d’élaborer des pièces pour l’ennemi malgré moi… ils nous demandaient de faire de la visserie fine, des filetages pour l’effort de guerre. Je faisais ce qu’il y avait à faire. J’ai vu des choses difficiles à supporter pendant cette période. C’est un souvenir qui me restera à jamais gravé.


Parlez-nous de votre famille ! Qui sont vos proches aujourd’hui ?

Je n’ai pas voulu me marier, je n’ai pas eu d’enfants. Ma famille, c’était ma mère, et ma sœur. Mon frère est malheureusement parti trop tôt. Aujourd’hui, il me reste ma nièce qui prend toujours soin de moi. Il y aussi ma petite nièce et mes deux petits-petits neveux et nièces qui vivent à Hong-Kong !


En France, nous décomptons environs 21 000 centenaires. Vous entrez dans une liste très fermée ! Quel est le secret pour devenir centenaire ?

Je n’en sais rien (rires). Je me pose encore la question ! Ça s’est fait, tout bêtement. Je ne pensais pas arriver à cette âge-là… (il réfléchit) Je suis d’un naturel curieux. Dans mon métier, la mécanique me passionnait. J’aimais comprendre comment fonctionnaient les machines que j’utilisais, la façon dont était utilisée mes pièces. Je sortais au théâtre aussi, avec ma nièce notamment ! La curiosité, je ne sais pas si c’est ça le secret…


Quel est le plus grand, le plus beau souvenir de votre vie ?

(Il réfléchit longuement) C’est difficile à dire… Je pense que c’est ma réussite sur le plan professionnel. Il m’arrivait d’être fier de ce que je faisais, surtout lorsque l’on me faisait remarquer que mon travail était bien fait. J’avais la passion de mon métier, c’était un plaisir pour moi.


A l’âge de 99 ans, Monsieur Barus est arrivé à la résidence autonomie L’Amitié. Il quittait alors son appartement parisien, situé au 6ème étage, sans ascenseur ! Toujours dynamique et très jovial, il avoue que sa vie parisienne lui manque tout de même. Néanmoins, de ses propres mots : « l’équipe est formidable ici ! » Preuve que Monsieur Barus a trouvé un nouveau chez lui, à Soissons.


A l’occasion de ses 100 ans, l’équipe de L’Amitié a préparé un film où tous les résidents et sa famille lui ont souhaité un très joyeux anniversaire ! En plus des cadeaux et du traditionnel gâteau, un accordéoniste a joué pour ce grand amoureux de la musique.


Encore une fois, un très joyeux anniversaire Monsieur Barus !


Propos recueillis le mercredi 10 février 2020.